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Sep. 21st, 2007

Chanson D'automne--Paul Verlaine

"Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure,

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà
Pareil à la
Feuille morte."

I realized that this is the same poet that had relations with my favorite French poet thus far, Authur Rimbaud(ri bo), the I is nasal but I can't make the symbol...so yeah. Anyway, I love Rimbaud, he's amazing. This is one of the poems I have to memorize and recite Tuesday.

I'm so very tired. I can't just sleep it off either. I'm restless--I often get like this and I can't stand it. I want to do extra EVERYTHING but at the same time I have absolutely no motivation. I should fast I think, maybe that will get me out of this funk. Next week will be busy: two tests, poem recitations, meet with advisors, get busy with honors contract(!!!!!), submit information for NSE. phew...busy busy.

I need to pay more attention to my responses for lit class. I get so embarassed when I make stupid mistakes like saying "collection" instead of "recueil"-WE WENT OVER THIS IN THE CLASS BEFORE, saying la ligne instead of vers--WE WENT OVER THIS THE CLASS BEFORE DANG IT!! I bet my teacher thinks I'm such an idiot or a slacker. I feel like one. It amazes me how much I beat myself up about the mistakes, yet I keep doing it...I've made myself a schedule though, so I can get accelerate my skills. I'm going to actually use the grammer and verb and vocabulary books I bought over the summer.

Sep. 2nd, 2007

"A Ninon" de Alfred de Musset

EDIT: here's the whole poem

Si je vous le disais pourtant, que je vous aime,
Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez ?
L'amour, vous le savez, cause une peine extrême ;
C'est un mal sans pitié que vous plaignez vous-même ;
Peut-être cependant que vous m'en puniriez.

Si je vous le disais, que six mois de silence
Cachent de longs tourments et des voeux insensés :
Ninon, vous êtes fine, et votre insouciance
Se plaît, comme une fée, à deviner d'avance ;
Vous me répondriez peut-être : Je le sais.

Si je vous le disais, qu'une douce folie
A fait de moi votre ombre, et m'attache à vos pas :
Un petit air de doute et de mélancolie,
Vous le savez, Ninon, vous rend bien plus jolie;
Peut-être diriez-vous que vous n'y croyez pas.

Si je vous le disais, que j'emporte dans l'âme
Jusques aux moindres mots de nos propos du soir :
Un regard offensé, vous le savez, madame,
Change deux yeux d'azur en deux éclairs de flamme ;
Vous me défendriez peut-être de vous voir.

Si je vous le disais, que chaque nuit je veille,
Que chaque jour je pleure et je prie à genoux ;
Ninon, quand vous riez, vous savez qu'une abeille
Prendrait pour une fleur votre bouche vermeille ;
Si je vous le disais, peut-être en ririez-vous.

Mais vous n'en saurez rien. Je viens, sans rien en dire,
M'asseoir sous votre lampe et causer avec vous ;
Votre voix, je l'entends ; votre air, je le respire ;
Et vous pouvez douter, deviner et sourire,
Vos yeux ne verront pas de quoi m'être moins doux.

Je récolte en secret des fleurs mystérieuses :
Le soir, derrière vous, j'écoute au piano
Chanter sur le clavier vos mains harmonieuses,
Et, dans les tourbillons de nos valses joyeuses,
Je vous sens, dans mes bras, plier comme un roseau.

La nuit, quand de si loin le monde nous sépare,
Quand je rentre chez moi pour tirer mes verrous,
De mille souvenirs en jaloux je m'empare ;
Et là, seul devant Dieu, plein d'une joie avare,
J'ouvre, comme un trésor, mon coeur tout plein de vous.

J'aime, et je sais répondre avec indifférence ;
J'aime, et rien ne le dit ; j'aime, et seul je le sais ;
Et mon secret m'est cher, et chère ma souffrance ;
Et j'ai fait le serment d'aimer sans espérance,
Mais non pas sans bonheur ; je vous vois, c'est assez.

Non, je n'étais pas né pour ce bonheur suprême,
De mourir dans vos bras et de vivre à vos pieds.
Tout me le prouve, hélas ! jusqu'à ma douleur même...
Si je vous le disais pourtant, que je vous aime,
Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez ?